|
La conduite sur les routes islandaises
Cette page concerne la conduite générale
et les particularités propres aux routes islandaises, sur
remblai goudronné ou en terre, ou simplement tracées
au sol. L'aspect tout-terrain n'est pas abordé ici : voir
pour cela la page sur la conduite
tout-terrain.
On n'est pas vraiment stressés par le trafic
en Islande, même pendant les retours de week-end sur la route
n° 1. Par contre, quelques désagréments des routes
locales s'occuperont à n'en pas douter de vous maintenir
en alerte... Notez qu'en Islande, les feux de croisement sont obligatoires
en toute circonstance.
Aspect des routes, étroitesse et hauteur
du talus
Lorsqu'elles sont asphaltées, les routes
ont généralement le niveau d'une départementale
française, sans plus : les voies ne sont jamais très
larges et le marquage au sol n'est pas systématique. Le bitume
est rarement en mauvais état, à la fois parce que
ces routes sont bien entretenues, mais aussi parce beaucoup sont
récentes. Cependant, même sur de nouveaux tronçons,
bosses et dépressions surprendront plus d'un conducteur distrait
! L'affaissement du talus semble être la bête noire
des ingénieurs islandais. Avant de goudronner, il faudrait
pouvoir attendre un hiver que le soubassement se stabilise, mais
il y a tant à faire dans le pays...
|

Notez l'absence de bas-côté
et le danger du talus souvent élevé. Route n°
1 sur des champs de lave couverts de mousse, vers Kirkubæjarklaustur.

|
|

Fin de section goudronnée. Ralentir
car il y a souvent des nids-de-poule à la transition,
voire une petite marche. Ici, sur la route n° 94 au nord
d'Eiðar, c'est une grille à moutons qui fait le
raccord.
Sur les chaussées non bitumées,
graviers et surplus de terre s'accumulent sur les côtés
ainsi que sur une ou deux bandes au milieu de la route, où
l'adhérence est mauvaise ; le véhicule peut
alors se mettre à louvoyer si l'on n'y prête
pas garde.
Le risque majeur sur toutes les routes sur remblai, qu'elles
soient goudronnées ou en terre, est d'être déporté
vers le bas-côté, étroit sinon inexistant.
Le talus sur lequel on évolue est en effet si haut
par endroits qu'on n'a vraiment pas le droit à l'erreur
! Il faut être encore plus vigilant par vent fort.
Un inconvénient des routes étroites.
Bien que coopérant, le chauffeur a mis dix minutes
pour trouver un endroit où laisser le passage ! Route
n° 643.
Pour les véhicules à faible
angle ventral ou à grand porte-à-faux arrière,
faire attention en quittant le talus de la route, par exemple
vers un chemin ou un parking situé en contrebas, car
la rupture de pente peut être très prononcée
: il y a alors risque que le châssis touche.
|
Passages à voie unique
Les ponts à voie unique sont peu à
peu remplacés sur le réseau principal mais on en emprunte
encore assez fréquemment. Lorsque la route est en terre,
il y a souvent de beaux nids-de-poule au raccord avec le tablier
du pont, ralentir est donc fortement recommandé. Autres rétrécissements
à surveiller, ceux pouvant être rencontrés à
l'approche d'une grille à moutons ou d'un ravinement du remblai.
Les tunnels sont souvent trop étroits pour autoriser le croisement
en dehors de quelques emplacements indiqués.
|

Pont à voie unique de Viðidalur,
sur la route n° 1. Il a maintenant disparu car cette portion
de la route a été refaite.
|
|

Un pont de nouvelle génération
sur les axes principaux, à deux voies. On voit ici
la route n°1 passant devant la cascade Seljalandsfoss.
|
La poussière et les projections de graviers
Les routes en terre peuvent devenir très
poussiéreuses par temps sec, ce qui gêne pour croiser
ou doubler. Plus embêtantes sont les projections de graviers
ou de cailloux : d'expérience, c'est surtout si l'un des
véhicules va à plus de 50 km/h qu'on doit les craindre.
Le risque n'est donc réel que sur quelques routes vraiment
larges, avec mention spéciale lors de leur réfection.
On y est moins exposé sur les autres car leur manque de largeur
oblige de toute façon à ralentir suffisamment. Cela
étant, on n'est jamais à l'abri du furieux de service
qui double à fond en dispersant tous les cailloux du bas-côté...
Eh oui ! en Islande non plus, la courtoisie au volant n'est pas
la qualité la mieux partagée.
Si réduire la vitesse est une parade efficace
contre les projections, cela ne dispense pas d'installer des bavettes
à toutes les roues ; elles tendent à disparaître
de la dotation de série des véhicules, même
tout-terrain. Une grille devant les phares, voire devant le radiateur
si il est exposé, est une solution plus radicale. Sa maille
doit être assez serrée pour être efficace : pas
plus de 2 cm.
Motards, cyclistes et piétons n'ont pas de
pare-brise : bien ralentir en les croisant ou les doublant. Discutez
avec eux et vous verrez qu'ils ne manqueront pas de signaler qu'avec
un peu plus d'attention de la part des automobilistes, ils avaleraient
nettement moins de poussière.
 |
|

Poussière sur la route n° 901
dans le Geitasandur. À l'époque de la photographie
(1987), il s'agissait de la route n° 1.
|
Quelques curiosités
Si placer un carrefour au beau milieu d'un tunnel
de 6 km n'a pas rebuté les fins stratèges des Ponts
et Chaussées (entre les routes n° 60 et n° 65),
il ne faut pas s'étonner de trouver dans le pays, assez régulièrement,
des solutions routières pour le moins inhabituelles, guidées
par le sens des économies ! En voici quelques-unes.
|

Le panneau conseillerait-il de
prendre de l'élan pour passer cette bosse non arasée
? Non bien sûr ! Blindhæð signifie
simplement « éminence sans visibilité ».
Permet l'économie d'une bonne journée de bulldozer.

À quoi bon construire un nouveau
pont alors qu'un plus ancien constitue un bon appui ! Recyclage
sur la route n° 635 (fjords de l'ouest).
|
|

Comme cela simplifie le tracé
d'une route, on peut trouver des pentes plutôt fortes
même sur celles du réseau « normal »,
comme ici la n° 717. Les panneaux ne préviennent
que des descentes.

Un volcan a recouvert la région
de pierres ponces ? Parfait, on va s'en servir pour
faire la route ! Route n° 26 au nord de Hekla.
|
Le mouton est roi
Au nombre de quatre à cinq cent mille selon
les années, les gigots laineux errent en liberté dans
tout le pays. Il y a bien des clôtures, mais elles servent
à protéger les prés de fauche de leur appétit
! La traversée soudaine d'un agneau fait donc partie des
aléas de la conduite en Islande. Noter qu'au moins les trois
quarts des brebis ont deux petits : si un agneau traverse, attendez-vous
à voir débouler le suivant. Parfois, on les voit même
lécher la terre tassée au beau milieu de la route
– s'agit-il de dépôts salés ? –,
sourds à tout klaxon et rechignant à laisser le passage
!
En cas de choc avec un mouton, c'est au conducteur de dédommager
le propriétaire. Dans l'éventualité, le mieux
est sans doute de prévenir la police qui se chargera de le
trouver.
Moutons et barrière pour le bétail
sur la route F 752, dans la vallée Vesturdalur. Il faut naturellement
refermer les barrières derrière soi.
La pluie
Il pleut en Islande. Une fois cette révélation admise,
sachez que l'eau peut rendre les routes en terre glissantes.
|

Fortes pluies sur la route n° 427.
Cet exemple est heureusement extrême mais c'est vrai
qu'il faut faire attention par temps pluvieux.
|
|

Voici quand même un avantage à
rouler sous la pluie : on voit mieux les nids-de-poule ! La
première est de rigueur sinon gare aux lombaires (route
n° 35).
|
Les routes tracées au sol
|

La F 902 à l'approche du refuge
de Kverkfjöll. Elle est souvent caillouteuse.
|
|
Bien que la plupart des routes au sol ne
puissent être parcourues intégralement que par
des 4x4, je ne les ai pas classées dans la page conduite
en tout-terrain car on y rencontre très peu de
franchissements techniques (hormis les gués éventuellement
mais ce n'est pas l'objet de cette page). Le plus souvent,
la conduite n'y est pas fondamentalement différente
de celle sur route normale, il s'agit avant tout de savoir
éviter les plus gros cailloux.
Quel que soit le véhicule utilisé,
il faut faire attention aux nombreuses irrégularités
: n'oublions pas qu'on roule ici à même le terrain.
De plus, les côtés sont encombrés des
matériaux déblayés par le bulldozer,
ce qui fait que pour croiser il faut bien ralentir et choisir
un endroit évitant l'escalade des déblais latéraux.
Pour ne rien arranger, il n'y a en général plus
aucun panneau signalant les dangers habituels (virages, bosses,
rétrécissements), alors on ne va pas vous prévenir
de la présence d'un gros trou ou d'une série
de pierres dépassant du sol !
Prudence et vitesse modérée
sont indispensables sur ces routes.
|
Signalisation rencontrée au départ de certaines
voies
Einkavegur : indique un chemin privé.
Cette annonce est rarement ostentatoire car l'Islandais ne semble
pas avoir le culte de la propriété privée.
Vetrarvegur : indique généralement une voie
de service.
Jeppavegur : indique qu'il faut un véhicule tout-terrain
pour passer.
Óbrúaðar ár : des rivières
à traverser à gué seront rencontrées
sur cette route.
Quelques liens vers des sites officiels islandais
Sur le site de la direction générale des Transports
- brochure générale sur la conduite en Islande : www.us.is/scripts/WebObjects.dll/US.woa/swdocument/744/Fran%E7ais.pdf
(1,1 Mo) ;
- une autre sur la signalisation en vigueur : www.us.is/scripts/WebObjects.dll/US.woa/swdocument/381/Traffic+signs.pdf
(0,9 Mo).
Sur le site des Ponts et Chaussées
- cartes montrant les conditions de circulation et les zones en
travaux : www.vegagerdin.is/english/road-conditions-and-weather/
- carte des régions où les routes intérieures
ne sont pas encore ouvertes + brochure avec les dates moyennes d'ouverture
:
www.vegagerdin.is/english/road-conditions-and-weather/condition-of-mountain-tracks/
Autres pages en rapport :
HAUT de la page
|