Classification pratique des routes et pistes

 

La classification officielle, résumée dans la page du même nom, est à mon avis d'un intérêt limité pour la bonne raison que la qualité d'aménagement et la difficulté d'une route peuvent varier du tout au tout dans une catégorie donnée. Or cela change complètement les conditions de circulation ! La vitesse moyenne et surtout le type de véhicule requis en dépendent. On rencontre par exemple des routes secondaires tracées à même le sol, mais aussi quelques routes « F » ayant un remblai aussi travaillé que celui d'une route principale en terre, tandis que d'autres traversent de difficiles rocailles... Il faut préciser aussi que les cartes islandaises ne permettent pas souvent de savoir sur quel type réel de route ou piste on va s'engager.

Il me semble donc préférable de classer les routes en fonction de leur qualité réelle d'aménagement, ce qui est l'objet de cette page. Voici la hiérarchie qui me paraît la mieux adaptée :

route sur remblai route tracée au sol chemin piste

Pour compléter ce classement, j'attribue à chaque route ou piste un niveau de difficulté qui informe notamment sur le type de véhicule approprié pour l'emprunter. Les niveaux de difficulté sont expliqués dans la page sur la carte des routes et pistes. Enfin, pour se faire une idée des particularités de la conduite en Islande et des difficultés rencontrées, voir les pages sur la conduite sur route et sur la conduite tout-terrain.

 

Les routes sur remblai

Elles sont construites sur un talus recouvert soit de goudron, soit seulement de terre. La vitesse maximale autorisée hors agglomération est de 90 km/h sur l'asphalte, 80 km/h sur route en terre. Cela étant, on ne peut pratiquement jamais maintenir longtemps de telles allures, que ce soit à cause du tracé, de la qualité imprévisible du revêtement – surtout lorsqu'il est en terre –, ou du vent.
La vitesse moyenne est d'environ 70 à 80 km/h sur goudron, 50 à 60 km/h sur les routes principales en terre et 40 à 50 km/h sur les petites routes en terre. Retrancher 10 km/h si il pleut, qu'il y a beaucoup de vent ou que la route est en mauvais état.

 

Un large remblai, du goudron et un marquage intégral : pas de doute, c'est une grande route ! Il s'agit ici de la route n° 1 arrivant devant Pétursey, un îlot montagneux à l'ouest de Vík. Au loin, le glacier Eyjafjallajökull.

 

Excellente route principale en terre. À l'époque de cette photographie (1998) il s'agissait de la route n° 1, ce tronçon est devenu aujourd'hui la n° 901.
 

La n° 246 vers Ystiskáli, sur la côte sud du pays. C'est une route secondaire sur remblai en plutôt mauvais état (nids-de-poules).

 

Les routes tracées au sol

Les routes au sol sont déblayées au bulldozer à même le terrain puis « lissées » par un engin racleur. Leur surface reste très irrégulière et les cailloux sont fréquents.
Comme on l'a vu dans la page sur la classification officielle des routes, c'est le lot de la majorité des routes de montagne (fjallvegur) et plus rarement de quelques routes du réseau secondaire.

Selon la nature du sol, elles peuvent être vraiment bonnes ou exécrables, roulantes ou secouantes ; la vitesse moyenne dépasse rarement 40 km/h, bien souvent moins du fait des « pièges » ne se révélant qu'au dernier moment (gros trous, pierres dépassant du sol).

La route n° 550 au sud de la Kaldidalur.
 

 

La large route n° 35 dans le désert de Kjölur, entre les glaciers Langjökull et Hofsjökull. Elle est praticable dans son intégralité aux voitures de tourisme, à la condition de rouler doucement...
 

La F 206 est une petite route de montagne qui s'approche du volcan Laki, dans le sud du pays. Elle est ici très correcte mais, par endroits, elle est parsemée de grandes flaques boueuses.

 

Les chemins

Le chemin est l'état intermédiaire entre la route au sol et la piste (voir plus bas). En fait, c'est souvent ce vers quoi évolue une piste très fréquentée qui finit par être améliorée par petite touches successives de déblaiement ou de de nivellement, dans l'attente d'une réelle transformation en route au sol.

La vitesse moyenne varie énormément avec la configuration du terrain, 20 à 30 km/h le plus souvent. J'ai aussi fait figurer dans cette catégorie certaines routes au sol irrégulièrement ou mal aménagées, ou encore très étroites.

Le chemin de Hekla (Heklubraut) se dirige vers le fameux volcan au travers de prés autrefois habités, à l'est de la route n° 268.
 

 

 

Le chemin du refuge de Hálskofi, à Eyjabakkar (nord du glacier Vatnajökull). Le secteur n'est pas très couru.
 

La route de montagne F 232 descendant vers la confluence de la Hólmsá et de Jökulkvísl (est du glacier Mýrdalsjökull).

 

Les pistes

Ce n'est que la répétition des passages sur une même trace qui donne naissance aux pistes. Elles n'ont pas subi le moindre aménagement mais la circulation des véhicules finit souvent par les marquer correctement au sol. Comme je l'ai déjà expliqué, des routes de montagne officielles prennent temporairement la forme d'une piste à certains endroits (voir plus bas l'exemple de la F 232).

La conduite est de type tout-terrain et une vitesse réduite entre 5 et 20 km/h n'est pas rare. Selon le terrain, elles peuvent être bonnes ou très mauvaises, quelques-unes sont même difficilement praticables avec un véhicule tout-terrain « normal » !

Beaucoup ne servent heureusement que de raccourci entre des routes intérieures plus importantes ou parcourent des zones peu recherchées des touristes. D'autres sont des culs-de-sacs rejoignant une ruine au milieu d'une lande ou encore un lac isolé où se rendent des pêcheurs.

 

Sur la piste d'Álftadalur, au nord du glacier Brúarjökull.

 

La piste de Krakatindur arrivant en dévers sur les contreforts des monts Rauðufossafjöll (est du volcan Hekla).
 

La F 232 entrant dans les sables du Mælifellssandur (nord-est du glacier  Mýrdalsjökull).


 

Ces deux photographies montrent l'évolution de la piste de Langisjór entre 1990 – à gauche, elle était très peu marquée au sol – et 2000. Auparavant non-officielle, elle a été déclarée route de montagne F 235 dans les années quatre-vingt-dix, ce qui l'a fait bénéficier d'un aménagement dans les règles, encore qu'à l'échelle de sa faible fréquentation : terrassement de quelques portions délicates, déblaiement partiel au bulldozer, sans oublier un joli panneau tout neuf à l'entrée ! La vue est prise à mi-parcours entre Langisjór et la F 208, vers le bassin des lacs Blautulón où naît la rivière Norðari-Ófæra.

 

--- Petit point de vocabulaire !
Quand on a l'habitude de rouler sur du bitume tout au long de l'année, il est tentant de dire «  absence de goudron = c'est une piste ». Voilà un amalgame source de regrettables imprécisions puisqu'une route en terre et une piste n'ont rien de commun pour ce qui est de leurs difficultés ! Bien carrossable, la première est accessible à tout véhicule alors que la seconde réclamera généralement un tout-terrain ---

 

Autres pages en rapport :

- classification officielle des routes et pistes ;
- la conduite sur route en Islande ;
- la conduite tout-terrain ;
- carte des routes, pistes et gués indiquant leur difficulté ;

voir aussi les pages sur

- les traversées de rivières à gué ;
- les transports en Islande.

 

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