Le lac glaciaire Jökulsárlón

 

 

 

 

Sur fond de glaciers, ce lac jonché d'icebergs mérite sa renommée et constitue l'un des sommets d'un voyage en Islande. C'est le plus beau lac de ce type, tant par le nombre et la variété d'icebergs que par le majestueux décor qui l'entoure.

L'ambiance du lieu s'accorde avec le temps, la quiétude l'emporte sous le soleil et l'on peut alors rester des heures à contempler ce tableau en perpétuelle évolution. Lorsque la brume l'enveloppe, les rochers de glace deviennent l'orée d'un monde fantomatique.

 

 

Vue générale de Jökulsárlón. Les icebergs proviennent du glacier Breiðamerkurjökull qu'on aperçoit au fond.
 

 

 

Pour son cadre polaire, Jökulsárlón est souvent choisi comme décor de cinéma : il a plusieurs fois accueilli l'agent 007, des tournages historiques ou documentaires et des publicités. Il faut dire qu'il est à portée de la route n° 1 et que le climat n'ayant, lui, rien d'extrême, les conditions de tournage sont assez agréables.


Serait-ce le nouveau bar branché des nuits islandaises qu'on installe ici ?
 

 

 

Jökulsárlón est desservi par les lignes régulières de bus et constitue la destination de plusieurs voyagistes, au départ de Höfn ou Reykjavík.
Il n'y a sur place qu'un magasin café-souvenir (2005) et l'éloignement des campings officiels fait que le camping sauvage est toléré (le site n'est pas classé). Aucun aménagement n'est cependant prévu et la température est localement inférieure à celle de la région.

 

D'anciens transports de troupe amphibies se relaient pour des circuits d'une quarantaine de minutes dans la partie nord-est du lagon. Cela dit, on peut aussi bien profiter du lieu depuis les rives du lac, les moraines offrant des points de vue surélevés.
De toute façon, la quantité et la diversité des icebergs diminuent à mesure qu'on se rapproche du glacier, le courant finissant par tous les regrouper dans la région du parking.



 

 

 

 

Il est possible de venir avec sa propre embarcation, kayak ou zodiac, et de s'offrir une balade inoubliable. On évolue au début dans un dédale de glace puis ce sont les eaux libres de la partie nord qui se présentent. Cette zone plus profonde (jusqu'à 190 m !) n'accueille que les icebergs en transit, récemment détachés du front et que le courant entraîne jusqu'à ce qu'ils touchent le fond. Rappelons que 90 % du volume d'un iceberg reste immergé lorsqu'il flotte. Éviter de s'en approcher trop près tombe sous le sens, il n'est pas rare d'entendre un bloc se fractionner ou basculer...

 



 

Le front du glacier présente par endroits de hautes parois verticales...
 

... et ailleurs il disparaît progressivement sous la surface.

 

 

Quelques phoques et des escadrilles de sternes arctiques témoignent de la présence de bancs de menus poissons (jeunes harengs et capelans) qui s'aventurent ici depuis la mer toute proche.

Le lac se vide dans la mer par une rivière de quatre cents mètres seulement, la Jökulsá, que les icebergs finissent par emprunter lorsqu'ils ont suffisamment fondu.

 

 

 

Le lagon s'est formé au xxe siècle lors du retrait du large glacier Breiðamerkurjökull. Celui-ci avait considérablement avancé depuis le xιιιe siècle, avec une « crue » pendant le petit âge glaciaire (1600-1900). Même si le glacier recule actuellement, il se trouve encore 20 km plus au sud que sa position supposée à l'époque de la colonisation de l'île (an 900).

À son apogée en 1890, le Breiðamerkurjökull se trouvait au niveau des moraines qui accueillent aujourd'hui les visiteurs, alors que le front actuel s'en est séparé de 4 km. Le lac couvre une quinzaine de km².

 

 
Ci-contre à droite : cartes d'évolution du glacier depuis 1903 (reproduction d'un panneau d'information).
 
À gauche : l'estuaire de la Jökulsá photographié avant d'être canalisé par les digues actuelles. Les derniers morceaux de glace achèvent de fondre au milieu des bancs de sable.

L'apport de sédiments charriés par la rivière, estimé à 9 millions m³/an vers 1900, se trouve réduit depuis cette époque et ne suffit plus à compenser ce que les courants marins emportent : la côte accompagne le glacier dans son recul et a ainsi perdu 750 m sur la mer depuis 1900. Cela devenaitt un souci pour la survie du pont suspendu : construit en 1967 à 500 m de la mer, il n'en est plus maintenant qu'à 350 m. Le récent enrochement des berges de la Jökulsá devrait le protéger pour un bon moment.

 

 

Avant le pont, la traversée en barque de la rivière glaciaire était périlleuse et des voyageurs de plus en plus nombreux préférèrent dès 1800 contourner l'obstacle en passant sur le glacier (rappelons qu'à l'époque il était tout proche). Vers 1870, un guide offrait même ses services pour les quelques heures de traversée.

 

Traversée du Breiðamerkurjökull
(d'après une photographie exposée sur un panneau d'information).

 

Prix des voyages en bateau :
1900 kr si > 12 ans, 500 kr pour 6 ans < entre < 12 ans.

 

 

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