Les grottes de Surtshellir et Viðgelmir

 

Le réseau de grottes sous la lave de Surtshellir

 

On y accède en prenant la route de montagne F 578 sur 8 km, depuis la route n° 518 au niveau du col de Strútur. Caillouteuse, elle ne présente en principe pas de problème pour un véhicule léger jusqu'au parking de Surtshellir, d'où des sentiers assez vagues relient les différentes grottes. Au moins 3 500 m de souterrains sont répertoriés ainsi que plusieurs entrées. Le tout est percé sous la coulée Hallmundarhraun qui aurait été émise vers l'an 800, c'est à dire avant la colonisation de l'Islande ; sa surface couvre environ 200 km² et son volume est estimé à 4 km³.

Hallmundarhraun a été émise à la limite nord-ouest du glacier Langjökull. On le distingue avec peine au loin derrière le massif d'Eiríksjökull.


Comme Viðgelmir – décrite en bas de cette page –, les grottes de Surtshellir correspondent à d'anciennes rivières de lave qui ont continué à couler alors que leur surface et le voisinage étaient déjà solidifiés. Une fois l'alimentation de lave tarie, il est resté un enchevêtrement de tunnels à quelques mètres seulement sous la surface. Étant donné qu'on est obligé de marcher sur des rochers détachés du plafond, rendus humides par des suintements, et qu'il y a par endroit de la glace sur le fond, la visite nécessite, outre une lampe électrique, des vêtements chauds et des chaussures offrant une bonne adhérence. On n'oubliera pas non plus de se munir d'un gigot d'agneau, ceci afin de se défaire, le cas échéant, du terrible troll qui hante l'obscur labyrinthe de lave.

Des panneaux sont sensés indiquer où se trouvent les entrées et à quelle distance mais la direction donnée par certains est manifestement fantaisiste (en 2002), sans doute l'œuvre du vent. La grotte la plus au sud signalée est Íshellir (« la grotte de glace »), repérée par un piquet de bois et un cairn. À droite de l'entrée se trouve une fin de tunnel dont le fond est effectivement recouvert de glace tandis que, du côté gauche, des éboulis tombent dans un tunnel inaccessible se prolongeant apparemment vers le nord, c'est à dire vers le réseau principal de Surtshellir.

À 600 m au nord de Íshellir (environ 500 m du parking principal), on atteint l'entrée de Surtshellir après être passé le long de deux larges effondrements dans son plafond, qui permettent de constater que les grottes se trouvent vraiment juste sous la surface. À gauche en entrant dans Surtshellir, un petit tunnel remonte vers le nord ; son sol est formé de lave figée dans son écoulement et il devient vite trop bas pour la station debout.

 



En face de l'entrée principale démarre un tunnel rectiligne, plus étroit que celui d'un métro urbain. Au bout de 150 m, la lumière du premier trou dans le plafond permet aux claustrophobes de reprendre confiance pour une deuxième longueur de 150-200 m. Là, un autre effondrement de la voûte coïncide avec l'intersection de deux souterrains. Celui de gauche n'est qu'une grotte de 30 m de longueur, humide et recouverte de mousse, se terminant par un bref boyau. Ce dernier débouche sur une salle obstruée par un éboulis mais alimentée en air frais. Le tunnel principal continue dans l'axe du premier et s'enfonce dans le noir, aussi loin que porte une grosse torche électrique (non visité).

De retour au niveau du premier effondrement, on remarque une corniche sur le côté de la paroi qui permet d'atteindre un petit tunnel affluent, dont l'entrée se trouve juste sous le plafond du tunnel principal. Ce couloir de taille humaine a gardé les traces de la dernière coulée de lave qui circula ici, tapissant les parois de brun-rouge jusqu'à un mètre de hauteur.

Vue prise du premier effondrement en direction de l'entrée, que l'on aperçoit au fond.
 



La première ouverture dans la voûte, vue de la surface. Il y a de nombreuses autres cavités sous ce champ de lave, il ne faut absolument pas marcher par ici le nez en l'air !
 

Sur la droite, on voit la corniche donnant sur un souterrain secondaire. Les stries sur la paroi sont peut-être les marques de la baisse du niveau de lave lors de la vidange des tunnels.


Le second effondrement, situé à environ 300 m de l'entrée principale.
 

La caverne du second effondrement.


200 m au nord de l'entrée de Surtshellir, un cairn indique le goulet enneigé pénétrant dans une grotte ramifiée qui semble être Stefánhellir (mais je n'en suis pas certain). Sur la gauche, un trou dans la paroi s'ouvre sur une vaste salle hémisphérique de 15-20 m de diamètre et 3-4 m de haut, sans doute une bulle de gaz non éclatée. Un petit boyau la quitte pour une autre salle obstruée avec de la lumière filtrant depuis l'entrée principale. En face de celle-ci démarre un tunnel contournant en arc la salle circulaire déjà décrite, qui continue apparemment en direction de Surtshellir. Il y a aussi un petit couloir bouché au bout de 10 m.

Moins de cent mètres au nord de la supposée Stefánhellir, on trouve une large caverne de 15 m de long, éboulée et ouverte au nord. Encore 80 m au nord et c'est un large trou qui donne sur une caverne de 50 m sur 15 m, 5-6 de haut, ouvrant au sud. Pour relier ces deux dernières grottes, on doit traverser une bulle effondrée de 30 m de diamètre qui n'a laissé qu'un surplomb périphérique.

L'entrée de Stefánhellir.

La F 578 se prolonge plus au nord est vers la lande d'Arnarvatn.

 

 

Viðgelmir

Sur la route n° 518 au nord-est de Húsafell, un panneau signale le chemin de Viðgelmir. Il s'arrête au bout de 2 km et il faut marcher encore 200 m pour arriver à un effondrement du plafond de la grotte, qui permet d'y descendre par un escalier de fer. À gauche en quittant l'escalier, il y a une caverne large de 25 m et profonde de 40 m, occupée par un lac glacé particulièrement peu engageant. Du côté droit, un reste de voûte puis un éboulis de rochers précèdent une haute caverne de 50 m de longueur. Son sol gelé est praticable et le mur du fond est percé d'un boyau qui ouvre sur 1,5 km de galeries (non visitées). En 1993, des objets de l'époque viking ont été découverts dans la grotte autour des cendres d'un foyer : une partie d'un anneau de métal, quelques perles de pierre issues d'un collier, des fragments de jaspe et un sac de peau. Une porte en fer posée en 1994 interdit les visites non encadrées, on peut en obtenir sur demande auprès de la ferme voisine de Fljótstunga, qui est propriétaire des terres alentour. Pour en savoir plus, consulter leur site :
www.fljotstunga.is/ensk_hellir.htm.

Comme à Surtshellir, des rochers éboulés gênent la progression.
Viðgelmir se distingue de ses voisines par son plus grand volume.
 


 

 

 

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