D'Ólafsfjörður à Sauðárkrókur

 

Cet itinéraire traverse par l'intérieur l'avancée montagneuse séparant l'Eyjafjörður du Skagafjörður, longe le bord oriental du fjord et rejoint le village de Sauðárkrókur. À part sur le tronçon montagneux de 37 km, les routes sont goudronnées (2002).

On quitte Ólafsfjörður par la route n° 82, rive sud du lac, pour s'élever lentement jusqu'à un col dans un environnement de type alpestre. Par temps pluvieux, cette route en terre étroite et sinueuse peut devenir assez glissante. La descente vers la mer se fait le long d'une vallée parsemée de fermes puis le goudron réapparaît au carrefour avec la route n° 76, où se trouve une station-service. On domine Miklavatn, un lac communiquant avec la mer au travers d'un étroit cordon littoral. À droite, la route n° 76 s'éloigne vers le port de Siglufjörður qui connut de grandes années pendant l'ère de la pêche au hareng : voir la page sur Siglufjörður et le musée de la pêche.

Bassins de pisciculture à Hraun, le long du lac Miklavatn.
 

 

La côte est du Skagafjörður

La route n° 76 n'offre de jolies vues qu'à partir de l'entrée dans le Skagafjörður, profonde baie d'où émergent plusieurs îles volcaniques. La longue et plate Málmey est la première à sortir de l'eau, aussitôt imitée par Drangey et ses hautes falaises, tandis que Þórðarhöfði a émergé si près de la côte qu'elle en a profité pour se lier à elle. Elle forme maintenant un double tombolo ; l'isthme du nord, Höfðamöl, constitue une véritable digue de galets alors que celui du sud, Bæjarmöl, est facilement recouvert par les vagues.

 

Drangey a pendant longtemps joué le rôle de garde-manger pour les habitants du fjord car ses falaises prodiguent au printemps de nombreux œufs d'oiseaux de mer ; son plateau fertilisé par les oiseaux est également une excellente pâture, d'autant que les moutons ne craignent pas s'en échapper. Cette situation stratégique n'a pas échappé au célèbre hors-la-loi Grettir, héros d'une saga, qui s'y retrancha près de trois ans avec son frère Illugi et un esclave. Ils étaient protégés des expéditions punitives car le seul accès au sommet emprunte une étroite et vertigineuse ravine, ce qui le rend facile à défendre. Ils succombèrent toutefois lors d'une attaque. Cela se passait au xιe siècle.

Drangey vue depuis le côté ouest du fjord, en soirée.


À l'écart de la route principale, le petit village de Hofsós conserve quelques vieilles constructions en bois goudronné, en contrebas du bourg. On peut profiter d'un arrêt pour voir le musée consacré aux émigrants islandais en Amérique du nord.

Hofsós vu depuis Grafarós.

À 1 km au sud du village, un panneau signale les ruines d'un comptoir commercial fondé par les Danois en 1835, de part et d'autre de l'embouchure de la rivière Grafará (Grafarós). Repris par une firme britannique puis siège de la compagnie islandaise Grafarósfélagið, il fut actif jusqu'en 1915. À en juger par la modeste étendue du lieu et le peu de vestiges visibles, on a du mal à croire qu'il s'agissait du « principal centre de commerce de la région ».

Ci-dessous : ces quelques fondations sont tout ce qui subsiste de Grafarós. Il n'y a pas trace du moindre ponton, les bateaux débarquaient peut-être les marchandises à même la plage.
 


 

 

 

Une fois la route n° 76 rejointe, un panneau indique au bout de deux kilomètres la petite église de Gröf, qui est déjà bien visible de la route, non loin d'une maison. C'est l'une des six dernières églises à murs en tourbe d'Islande et à mon avis la plus jolie. On accède au parking par un chemin privé (refermer la barrière à mouton) mais la visite est libre (2002). Érigée au xvιιe siècle à l'emplacement d'une ancienne chapelle par l'évêque de Hólar, Gísli Þorláksson, elle a été reconstruite en 1953 sous l'égide du Musée national.

L'église de Gröf et les neiges du Deildardalsjökull.
 


 
Un minuscule cimetière clos, circulaire, entoure l'église . Les ornements des corniches et de l'autel sont supposés
être l'œuvre de Guðmundur Guðmundsson, un sculpteur sur bois renommé à l'époque.
 


Une dizaine de kilomètres plus loin, les routes n° 769 et 767 mènent à Hólar, siège de l'évêché du nord de l'Islande entre les xιιe et xvιιιe siècles. Un carrefour se présente au fond du fjord : la route n° 76 continue vers le sud jusqu'à la route n° 1, tandis que la n° 75 démarre sur la droite en direction de Sauðárkrókur.

 

Hegranes

La route n° 75 traverse les larges estuaires sableux des rivières Héraðsvötn, séparées par Hegranes. C'est sur ce promontoire rocheux que se trouvait le site de l'assemblée de la région, Hegranesþing, du xe au xιve siècle. Un panneau indique l'endroit, situé sur le bord est de Hegranes, mais ce n'est pas vraiment spectaculaire... Il n'y a pratiquement rien à voir, juste de vagues fondations recouvertes d'herbe ; heureusement qu'une photographie aérienne est exposée sur place. Elle montre nettement les contours des campements qui jouxtaient ce haut lieu de la vie politique et publique.

Terrains marécageux bordant Héraðsvötn.
Ci-dessous à gauche, une plage à Garðskrókur, en bordure de Hegranes.
À droite, les seuls vestiges visibles de l'ancien parlement local. Au loin au nord on aperçoit de gauche à droite : Drangey, Málmey et Þórðarhöfði.
 


 


Du côté ouest de Hegranes, en franchissant la rivière Vestari-Héraðsvötn, on remarque en aval un pont à voie unique aujourd'hui désaffecté. Il fut construit en 1925 pour mettre fin à la délicate traversée de la rivière, jadis important obstacle aux communications dans le nord du pays. Avec lui disparut ainsi le « ferry » – en fait une barque hâlée le long d'un câble – qu'un passeur faisait circuler d'une rive à l'autre par tous les temps. L'un de ces hommes était devenu une figure de l'époque : Jón Ósmann était un géant de plus de 2 m, connu dans tout le pays pour sa force extraordinaire, son langage châtié et sa vie d'ermite. Il s'est noyé dans la rivière en 1914, à 52 ans. À côté du pont a été reconstruite une cabane en tourbe figurant celle où il vivait.

L'ancien pont et la cabane du passeur sur la rive de
la Vestari-Héraðsvötn. Au fond, Sauðárkrókur.
 

Jón Ósmann sur son ferry.
Dessin inspiré d'une photographie exposée au musée de Glaumbær.

 

Sauðárkrókur

Sauðárkrókur est un gros village portuaire de 2 600 habitants fondé en 1871. Les habitants ne vivent cependant pas que de la mer puisqu'on trouve là une tannerie, un atelier de tricot et de couture ainsi qu'une usine d'isolants Rock Wool ; c'est aussi le lieu de fabrication de l'excellent súrmjólk aux fruits (genre de yaourt acidulé). Par ailleurs, le Skagafjörður est une région réputée pour l'élevage de chevaux et Sauðárkrókur est d'une certaine façon la « capitale » du cheval islandais. L'extension du village s'est réalisée à partir du port et l'on distingue facilement le quartier moderne, alternant pavillons et immeubles, de celui du centre ville, plus ancien, où sont établis les commerces. Il y a un petit camping gratuit juste derrière la piscine municipale.

 

 

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